Switzerland

«De Pablo Escobar à père au foyer»

Je sais bien que la Suisse est l’un des pays les plus sûrs de la planète, et pourtant, quand je rentre dans un bar ou un restaurant, je ne m’assieds jamais dos à l’entrée. Lorsque c’est impossible, je m’arrange pour être légèrement tourné de côté sur ma chaise. Si les gens disent souvent remarquer mon engagement pour mes enfants, mon côté père poule, ils notent probablement beaucoup moins ce réflexe, toujours vivace chez moi, consistant à me mettre dans une position qui me permettrait de voir arriver un tueur. L’automatisme est assez superflu ici, mais en Colombie, où je suis né et où j’ai vécu jusqu’en 1997, il l’est beaucoup moins. Surtout quand des membres de la mafia de Pablo Escobar veulent vous faire la peau.

C’est dans la campagne que j’ai passé mon enfance, avant de venir vivre avec mes parents à Bogotá, la grande ville tumultueuse, dans les années 70. Très tôt attiré par les métiers qui viennent au secours des gens, j’ai intégré un collège militaire à 11 ans, un établissement scolaire typique de mon pays à l’époque, où l’on prodigue une éducation traditionnelle l’après-midi, après une formation de soldat le matin.

«Narcos» pour de vrai

Peu de personnes passent ainsi leur adolescence à manier une arme de guerre. Ça s’est poursuivi par des études universitaires en droit, avec une spécialisation de pénaliste. Je voulais essayer de lutter contre la délinquance et le crime qui gangrenaient alors la Colombie. Je n’ai, pour ainsi dire, pas été déçu. D’abord avocat, on m’a ensuite confié un poste de délégué du procureur au ministère public de Bogotá. C’était la fin des années 80 et le pays évoluait alors dans un quotidien aussi sanglant que surréaliste, rythmé par le trafic de cocaïne, les règlements de comptes sauvages, les faux dollars et les affaires de corruption. Il y avait 24 homicides par jour rien que dans la capitale. Je me retrouvais à enquêter sur des cas plutôt lourds pour quelqu’un de si peu expérimenté.

D’autant plus que cette période était l’apogée du règne de Pablo Escobar, baron de la drogue international pourchassé par plusieurs gouvernements. C’était à ce moment l’homme le plus riche de la Terre. Lui ne comptait plus l’argent, il le pesait. Croulant sous les masses de liquidités, il avait dû mettre au point des techniques pour évaluer la quantité de billets contenue dans un gros sac standardisé, qui était devenu l’unité de mesure pour lui. Je me souviens être resté songeur en perquisitionnant certains de ses appartements, remplis, littéralement, de ces sacs de billets.

«J’entends encore un ami colonel de police me dire que lui n’aurait jamais osé s’en prendre à un tel type.»

Entre autres dossiers délicats, j’ai mené une enquête sur l’assassinat d’un colonel, commandité par Escobar. Il tuait comme il respirait, disposant d’un pouvoir quasi militaire, enlevant parfois la vie au hasard en faisant exploser des voitures piégées dans les rues de Bogotá. C’était sa manière de nous mettre la pression. Il était en guerre contre les autorités, se croyant sur un territoire à annexer, conforté dans son assurance par l’admiration de nombreux Colombiens, qui saluaient ses actions sociales pour les ruraux démunis. On peut dire que ses différentes facettes le rendaient difficile à cerner.

Sauf qu’il n’avait quand même pas grand-chose du Robin des bois romantique. En 1989, il a transformé en ruines fumantes l’immeuble de onze étages de la police secrète, situé juste à côté du mien, avec un camion truffé d’explosifs. 700 personnes sont mortes ce jour-là. Plus tard, il a déposé une couronne mortuaire sur notre bâtiment, laissant entendre que nous étions les prochains sur sa liste.

Les choses ont empiré pour moi quand j’ai participé à l’inculpation d’un chef mafieux. J’entends encore un ami colonel de police me dire que lui n’aurait jamais osé s’en prendre à un tel type, à cause de la haute probabilité de représailles. En effet, on m’a vite menacé de mort. J’ai refusé la protection, ne voulant pas mettre d’autres gens en danger. Heureusement familiarisé avec les armes grâce au collège militaire, j’ai préféré porter un pistolet sur moi en permanence, un lot de chargeurs dans les poches, posant nerveusement la main sur la gâchette dès qu’une moto rugissait dans la rue. Mon chef m’appelait chaque demi-heure pour vérifier que j’étais toujours de ce monde.

L’adrénaline de la paternité

C’est dans ce climat un peu oppressant que j’ai rencontré celle qui allait devenir ma femme, une Suissesse en échange universitaire à Bogotá. Elle a, bizarrement, accepté de faire avec cette épée de Damoclès qui me menaçait à chaque coin de rue. On était tous les deux très sportifs et cette soif d’action nous a rapidement rapprochés. Toutefois, elle a voulu poursuivre ses études à l’EPFL et rentrer en Suisse. J’aimais beaucoup mon métier, mon pays, mais j’ai fait le choix de la suivre par amour. Nous nous sommes mariés ici, avons eu trois enfants.

Dans les années 2000, nostalgiques de la Colombie, nous avons pensé à retourner là-bas. Mon épouse avait une piste pour devenir enseignante à Bogotá, mais pour moi, du fait de ma spécialisation de pénaliste, seuls des postes de procureur ou de juge m’étaient ouverts. Or, désormais responsable d’une famille, je n’acceptais plus de recommencer à prendre des risques pareils, même si la situation de mon pays natal s’était petit à petit améliorée. L’adrénaline me manquait parfois, mais peut-être pas à ce point. Même les sports à risque que j’adorais autrefois ne me tentaient plus. J’ai alors passé un master en droit à l’Université de Genève, sans pour autant l’utiliser.

«Et croyez-moi ou non, s’occuper à plein temps de trois bambins est plus fatigant que le collège militaire.»

Depuis plus de dix ans, je suis en effet papa au foyer, ravi de m’occuper à 100% de mes enfants au quotidien. J’ai un véritable instinct maternel, avec ce côté sud-américain très câlin et démonstratif. Ma femme, elle, est ingénieure en génie rural. Je dois reconnaître que j’ai déjà pas mal vu de choses professionnellement parlant. Un prof de droit en Suisse m’avait d’ailleurs dit qu’il lui faudrait vivre deux vies pour rencontrer toutes les affaires qui m’ont accaparé là-bas durant dix ans! Si la Colombie me manque un peu parfois, je dois avouer que j’apprécie aujourd’hui cette vie au calme. Et croyez-moi ou non, s’occuper à plein temps de trois bambins est plus fatigant que le collège militaire, quand il fallait porter un fusil dans la montagne pendant trois jours.

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