Switzerland

Dans les EMS, les décès dus au Covid-19 ont doublé depuis mardi

«La situation est sous contrôle, mais les prochaines semaines seront très difficiles. On est très tendu.» Secrétaire général de la Fédération patronale des EMS vaudois (FEDEREMS), l’un des deux organes faîtiers des établissements médico-sociaux du canton, Olivier Mottier résume l’état d’esprit qui prévaut dans ce milieu où vit la population la plus vulnérable au Covid-19

Les chiffres et leur évolution le disent. Entre mardi et jeudi, le nombre de personnes décédées des suites du coronavirus dans l’un des 160 EMS vaudois a doublé, passant à 48, annonce le médecin cantonal Karim Boubaker. Qui précise que certains cas ne sont que «suspectés» d’être dus au Covid-19. Les tests systématiques sont en effet interrompus dans les EMS sitôt que deux ou trois contaminations ont été confirmées. Le nombre d’institutions touchées a aussi augmenté. Mardi la conseillère d’État Rebecca Ruiz, cheffe du Département de la santé et de l’action sociale, estimait cette part à un tiers. Jeudi, le médecin cantonal adjoint Éric Masserey parle «d’un peu moins d’une moitié». Quant aux résidents infectés, il se monte à environ 300 aujourd’hui. Grosso modo un sur vingt.

Vœu inexaucé

La FEDEREMS a demandé il y a plusieurs jours l’ouverture de zones tampons hors des EMS pour les nouveaux résidents – qu’ils viennent d’un hôpital ou de leur domicile. Des sortes de sas où ils resteraient quelques jours afin de savoir s’ils sont porteurs du virus avant d’être admis dans l’institution. «Cela aurait pu être dans des hôtels, comme en Italie. Mais le Département de la santé n’a pas accédé à cette requête. Ce faisant, il assume la responsabilité quant à l’idée de faire entrer le loup dans la bergerie, exposant la population la plus vulnérable au virus et lui faisant courir le risque avéré d’une propagation incontrôlable», estime Olivier Mottier. La faîtière patronale a écrit vendredi un courrier aux familles de ses résidents pour rappeler sa position, se distanciant ainsi de la décision des autorités. Elle étudie même l’opportunité de faire recours contre l’arrêté publié par l’État jeudi, qui confirme l’organisation actuelle.

«La situation est délicate et notre plus grande attention est portée sur les EMS», rassure Rebecca Ruiz. Quatre structures régionales centralisent les demandes et coordonnent les mesures en matière de santé communautaire. «Pour chaque région, une task force est au chevet des EMS. Nous avons demandé à chaque établissement de nous communiquer ses possibilités de réorganisation spatiale, comme le font les hôpitaux, pour avoir des flux et une prise en charge bien distincts entre les résidents infectés et ceux qui ne le sont pas. Nous cherchons des solutions pour ceux qui ne pourraient pas le faire, pour des raisons architecturales, car ce sont de petites structures, qui n’ont pas assez de chambres à un lit par exemple.» Quant aux nouveaux admis, il est préconisé de les isoler sur place, afin de les garder un temps en observation.

Système D

Sur le terrain, les équipes font face, confrontées à une double problématique qui tend à se durcir: le manque de matériel et de personnel. «La situation est plus compliquée encore que dans les hôpitaux», explique Vanessa Monney, secrétaire syndicale du SSP-Vaud. «Il y a moins d’équipement de protection et le personnel est moins bien formé. En EMS, jusqu’à trois quarts des soignants peuvent être sans diplôme HES ou sans CFC. Les collaborateurs et collaboratrices sont plus exposés à la contamination, ils sont de plus en plus nombreux à être malades et le sous-effectif se fait gravement ressentir. Dans certaines institutions, on nous rapporte qu’il devient difficile de faire les soins de base aux résidents.»

Au sein de la Fondation du Midi, le directeur Luc Wicht estime devoir composer sans le quart de son personnel, touché par la maladie, absent parce que jugé à risque ou contraint de rester à la maison pour assurer la garde des enfants, par exemple. Pour y remédier, les institutions peuvent compter sur des renforts venus de la PCi, des écoles de médecine, des troupes sanitaires de l’armée. Et en ayant recours à des intérimaires, source toutefois en train de se tarir. «On ne sait pas combien de temps ça durera. Et il faudra sûrement un jour compter avec l’épuisement du personnel qui se fera fatalement sentir», soupire François Sénéchaud, directeur de l’HévivA, organe faîtier fédérant près des trois quarts des EMS du canton.

D’autant plus que la pénibilité du travail est accrue par une situation qui prive familles et résidents de contacts directs. Et qu’il existe cette crainte de la maladie et de ses répercussions. «Quand un collaborateur est testé positif, il le vit mal de peur d’avoir transmis le Covid-19 aux résidents», reprend-il.

La question du matériel est tout aussi délicate. «On tourne avec ce qu’on a reçu, mais on doit se tenir à une gestion très stricte. Nous sommes en manque de surblouses nécessaires pour entrer dans les chambres d’isolement. On est prêt à en recevoir, car du matériel on en obtient aussi via le système D», reprend Luc Wicht. Il n’est pas le seul à faire jouer la débrouille. «J’ai fait transformer de l’alcool chez des paysans pour pouvoir préparer des solutions désinfectantes. Et on a créé des surblouses avec des chemises de nuit», explique ainsi Christian Weiler, directeur de la Fondation Primeroche dont dépendent les EMS Les Lys à Prilly et Le Grand-Pré à Cheseaux.

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