Switzerland

Covid-19: «J’ai réussi à faire sortir le diable»

«Après qu’on m’a sorti du coma artificiel et retiré le tuyau dans ma gorge, j’ai toussé, encore et encore. J’ai craché mes poumons. J’ai alors eu l’impression d’avoir réussi à faire sortir le diable de mon corps.»

Martin*, 55 ans, est le premier extubé «Covid-19» genevois à être sorti des soins intensifs, ce service de l’Hôpital qui prend en charge les cas les plus graves. Au 5 avril, l’unité comptait 56 malades, dont 50 sont endormis et intubés sous respiration artificielle. Pour cinq, dix, vingt jours parfois. Avant d’être extubés et d’ouvrir les yeux, parce que l’organisme résilient s’est relevé. Ou de ne plus jamais se réveiller parce que les dégâts sont trop irréversibles.

Le quinquagénaire fait partie du premier groupe, celui des chanceux survivants. Il partage aujourd’hui son expérience pour livrer un «témoignage optimiste» et louer «l’excellence des soignants».

Plongé dans le coma

Dimanche 8 mars, après avoir rendu visite à un ami, Martin ressent des premiers symptômes. Un peu de fièvre, une toux sèche. Au bout de quatre jours, il se rend chez son médecin. «Il m’a annoncé que j’étais positif au coronavirus le vendredi 13…» Martin n’est ni superstitieux ni inquiet. Mais son état se dégrade brusquement le lendemain. «J’ai fait des pics de fièvre à 40°C et j’avais beaucoup de mal à respirer. On a appelé l’ambulance dimanche à 16h.»

À l’Hôpital, on lui annonce qu’il souffre d’une pneumonie bilatérale; les deux poumons sont atteints. «Là, j’ai commencé à avoir peur. Je ne comprenais pas. Je suis en bonne santé, je n’ai pas de facteur de comorbidité, je ne fume pas…»

Son état se dégrade encore, le taux d’oxygène dans son sang reste trop faible; il est en danger. On l’emmène aux soins intensifs. «Très rapidement, un jeune médecin m’a dit: «On va devoir vous endormir pour cinq ou six jours.» Il a bien pris garde de ne pas utiliser le mot anxiogène de «coma artificiel».

«Tout se passe ensuite très vite, on n’a pas le temps de cogiter ni de parler à nos proches. Je me suis quand même dit que c’était peut-être la fin, que je pouvais ne plus jamais me réveiller… Mais je me suis senti entre de bonnes mains.»

De cette parenthèse, il dit avoir quelques souvenirs confus et particuliers, rapporte avoir entendu la voix de sa sœur, sans entrer dans les détails.

«Lui dire de se battre»

Sophie*, sa compagne, prend le relais du récit: «On sait qu’aux soins intensifs, ça finit souvent mal… j’avais donc très peur. Quand l’infirmière m’a parlé du coma, mon monde s’est arrêté net.» Les visites sont interdites par sécurité, les nouvelles limitées à un coup de fil journalier. «Dans la situation d’isolement où le confinement nous plonge, c’était d’autant plus difficile à vivre, j’étais très seule. Je ne dormais pas, je vivais dans l’angoisse qu’on m’appelle pour m’annoncer une mauvaise nouvelle.»

Au bout du troisième jour, elle peut enfin voir son compagnon grâce au système d’appels en vidéoconférence organisé par l’équipe des soins intensifs. Le chef du service, Jérôme Pugin, assure que, malgré le nombre toujours plus important de patients admis, cette offre de communication s’est généralisée pour tous les malades. Les appels sont quotidiens. «C’était extraordinaire, confie Sophie. J’ai pu regarder son visage, qui semblait apaisé. Il paraît que les patients dans le coma entendent ce qu’on leur dit, alors c’était important de pouvoir lui parler. Pour lui dire qu’on ne l’avait pas abandonné, qu’il devait se battre.»

Une fois intubé, on administre au patient des antibiotiques et autres traitements. Mais cela ne suffit pas pour le sauver, l’organisme doit livrer bataille de son côté. Jérôme Pugin confirme: «Les soins intensifs servent essentiellement à soutenir la fonction respiratoire défaillante, à passer un cap en ventilation artificielle, le temps de l’élimination de l’infection et de la cicatrisation des poumons. En gros, on reste dix à vingt jours aux soins intensifs.»

La peur de s’endormir

Ce sera plus court pour Martin. Après cinq jours de coma, il est réveillé et extubé. «Avec notre fille de 5 ans, on a pu le voir par appel vidéo lorsqu’il ouvrait les yeux, raconte Sophie. J’ai recommencé à vivre!» Une semaine plus tard, il est de retour à la maison, sans trop de séquelles hormis un souffle court qui nécessitera des séances de physiothérapie pulmonaire. Hormis, aussi, un problème de sommeil: «J’ai peur de m’endormir, j’appréhende ce moment. Quelque chose en moi n’a pas envie d’y retourner…»

Martin et Sophie sont conscients de leur chance «extraordinaire». «Je sais combien je suis chanceux d’avoir été pris en charge ici, dans de bonnes conditions. Ce sont de tels professionnels. Chanceux aussi de m’en être sorti. Je savais déjà que les choses importantes ne sont pas là où on le croit mais aujourd’hui, j’y suis plus attentif que jamais.»

Derrière ces masques, il y a des femmes: «Merci!»

Joanna va mieux. Sortie vendredi après dix jours d’hospitalisation à l’unité Covid-19 des HUG, elle avait envie de dire merci au personnel soignant qui l’a entourée et soutenue. Voici les billets qu’elle a écrits.

À Anaïs, étudiante en médecine. Un gazouillis d’oiseau dans un hall d’hôpital? Non, c’est Anaïs qui reprend du service. Toutes les heures, de jour ou de nuit, elle vient avec la panoplie des machines: pression, température, saturation en oxygène, pouls, rythme de respiration… Certes, elle regarde les machines, mais elle me regarde aussi, trouve un mot gentil d’encouragement, exprime l’enthousiasme de la jeunesse et m’explique qu’elle est étudiante en 5e année de médecine et vient aider le personnel débordé. «Bravo! C’est courageux», lui dis-je. «Mais non, on est très nombreux à faire ça», me répond-elle. Comme si leur nombre diminuait leur mérite. Bravo Anaïs et merci!

À Amina, infirmière de nuit. Quand je vois le chou des cheveux crépus s’agiter au-dessus d’une belle frimousse (que je devine belle sous le masque), pendant qu’Amina enfile la surblouse, mon visage s’illumine déjà. Son doux sourire, son regard intelligent, sa curiosité sincère lorsqu’elle me demande comment je vais sont autant de douceurs qui embaument mon cœur et mes poumons meurtris par ce terroriste de virus. Au milieu de la nuit, elle fait des efforts pour trouver de petites astuces afin d’éliminer des bobos et améliorer le confort des «branchés tuyautés» que nous sommes tous dans cette unité Covid-19. Et elle vous rend les services en toute modestie et avec une abnégation digne d’admiration. Merci Amina, vous êtes l’infirmière dont on rêve tous.

À Fernanda, aide hospitalière. Fernanda a la démarche d’une machine de guerre. C’est une brave soldate sur le front du coronavirus. Efficace, rapide, organisée. Si on ne la connaît pas, on la dirait inébranlable, presque insensible. Mais c’est une fausse impression. Fernanda s’est fait percuter sa voiture. Invitée par la police à aller déposer une plainte, Fernanda a préféré revenir aux HUG. La voiture peut attendre, pas les malades! Lorsque Fernanda réussit à grappiller quelques minutes entre la distribution des repas, la toilette des patients, les changements de draps, etc., elle n’en profite pas pour faire une petite pause. Elle vient avec la crème à la main et me propose de l’étaler sur les jambes ou le dos. Et quand je la salue en l’appelant ma bienfaitrice, elle me demande: «C’est quoi, bienfaitrice?»

Joanna

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