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Coronavirus: faut-il arrêter de se serrer la main?

Épidémie du coronavirus Covid-19 oblige, faut-il se protéger en modifiant nos codes sociaux? Et cesser de se serrer la main comme de s’embrasser? La question est en tout cas d’actualité. En fin de semaine dernière, le Ministère de la santé de Singapour a conseillé à ses ressortissants de cesser de se serrer la main.

S’il a lieu comme prévu du 24 au 27 février à Barcelone – il est menacé par toujours plus de défections – le mondial du mobile (MWC) se déroulera aussi sans contacts directs. Dans un communiqué sur le coronavirus mis en ligne dimanche, le salon international précise que, dans les mesures mises en œuvre, on trouvera une communication à tous les participants pour qu’ils adoptent une «politique de non-poignée de main».

«Moins serrer la main, toucher et embrasser»

Professeur émérite de virologie à l’université Queen Mary de Londres, John Oxford a suggéré la même piste mercredi matin sur la BBC. Expliquant que nos actions pourraient freiner la propagation du virus, il a précisé: «il ne s’agit pas de porter un masque, mais de moins serrer la main, toucher et embrasser».

Alors? Nécessaire? Utile? Superflu? Pour l’instant, sur son site, l’Office fédéral de la santé publique se «contente» de rappeler les conseils classiques, également utiles pour lutter contre la grippe saisonnière. Soit: «se laver régulièrement les mains avec de l’eau et du savon; éviter autant que possible de se toucher la bouche, le nez ou les yeux; éternuer et tousser dans le creux du coude ou dans un mouchoir.»

Un précédent en 2009

Et éviter les serrages de pogne? «Ça n’est pas utile puisque actuellement aucun cas n’a été identifié en Suisse», nous répond Virginie Masserey, cheffe de la section Contrôle de l’infection et Programme de vaccination dans la division Maladies Transmissibles de l’OFSP.

Le ton pourrait cependant changer si, demain ou après-demain, le Covid-19 devait réellement s’implanter en Suisse. «Oui, dans ce cas s’abstenir de serrer la main ou d’embrasser pourrait alors faire partie des recommandations de l’OFSP», confirme Virginie Masserey.

Précisons que ce conseil a d’ailleurs déjà été recommandé en Suisse par le passé. Par exemple en 2009, en pleine pandémie de A (H1N1) – d’abord nommé grippe porcine. On trouvait alors «renoncer aux poignées de main» parmi la panoplie de prescriptions de l’OFSP. Mais on n’en est donc pas là.

Renaud Michiels