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Constantin: «On est à la limite du je-m’en-foutisme»

«On est prêt, on peut commencer…» A la Maladière comme à Tourbillon, tant Joël Magnin que Ricardo Dionisio, les coaches de respectivement NE/Xamax et du FC Sion, assuraient avant la reprise que leur équipe était prête. Et déterminée. Et surtout concentrée. La réalité s’est chargée de démontrer que ce n’était pas le cas.

Samedi à Neuchâtel, le premier but de l’année en Super League, réussi par le Servettien Koné, est tombé après… 14 secondes. Le lendemain à Thoune, Sion s’est fait hara-kiri en se retrouvant mené 2-0 après seulement 4 minutes.

Pour l’intronisation de Ricardo Dionisio sur leur banc, les Valaisans ont de fait reproduit exactement la même entame foireuse que face à Young Boys, le 24 novembre passé, lorsque trois minutes avaient suffi à Jean-Pierre Nsame pour signer un doublé express à Tourbillon (score final 3-4). «Il serait temps que les joueurs se rendent compte qu’ils sont en compétition, tique Christian Constantin. C’est la responsabilité des joueurs de se dire que le championnat a commencé ou je suis fou?»

Comme on peut l’imaginer, le boss du FC Sion n’a que très peu goûté aux premières minutes qu’il a vues à la Stockhorn Arena. «Quelque part, on est à la limite du je-m’en- foutisme. Quoi? Ah, il y a déjà 2-0? Bon, alors j’y vais, je commence à jouer. Mais de tels comportements, ça nous bousille les choses.» Cette entame catastrophique a contrasté avec la suite, nettement à l’avantage des visiteurs. «Dans le jeu, reprend notre interlocuteur, on était bien. Il y avait la place et les occasions pour marquer quatre buts.»

Après son faux départ bernois, Sion est déjà condamné à réagir dimanche, lors de la réception du FC Zurich, l’autre grand battu du week-end. Constantin à la relance: «Nos défauts sont réapparus, ils sont même amplifiés à la sortie puisque l’on perd (…) Comme ça, mon coach est tout de suite plongé dans le bain.»

Collet: «On s’est fait avoir comme des amateurs»

La veille, les «rouge et noir» avaient eux aussi joué les distraits. «Sion a réussi à faire pire que nous, je n’y croyais pas», soupire Jean-François Collet, le nouveau propriétaire de NE/Xamax. S’il n’y a pas de bons moments pour encaisser un but, certaines erreurs se remarquent simplement davantage que d’autres. Sur ce coup-là, les protégés de Joël Magnin sont d’autant moins excusables qu’ils s’étaient déjà retrouvés menés 2-0 par… Thoune une semaine plus tôt, Simone Rapp marquant aux 2e et 4e minutes lors du dernier match de préparation.

«Cela aurait dû nous servir de leçon!, tonne Collet. Ce qui s’est passé est inacceptable. Si t’es professionnel, tu ne peux pas commencer un match avec une telle désorganisation défensive. On s’est fait avoir comme des amateurs.»

Le successeur de Christian Binggeli a déjà eu l’occasion d’en parler avec Joël Magnin. «Tout n’est pas à jeter, loin de là. On a déjà mieux joué que l’année passée. Sur le plan du jeu, c’était même un match plutôt rassurant. Mais désormais, il faut que cela change au niveau du résultat aussi. Il importe pour cela que l’on se réveille à Lugano.» Un match que les visiteurs aborderont sans leurs suspendus Kamber, Ramizi et Nuzzolo.

N.JR