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Caraïbes: Liberté d’expression à Cuba: une réunion entre artistes et autorités

Deux mois après une mobilisation historique des artistes cubains pour plus de liberté d’expression, un groupe d’acteurs a été reçu mardi par le ministère de la Culture, dernier épisode d’une cohabitation mouvementée entre culture et révolution socialiste.

Des artistes avaient manifesté devant le ministère de la Culture à La Havane fin novembre 2020.

Des artistes avaient manifesté devant le ministère de la Culture à La Havane fin novembre 2020.

AFP

La réunion, de près de cinq heures, a rassemblé une commission de dix représentants, venus au nom de 231 acteurs et actrices cubains, et des fonctionnaires du ministère. La commission a présenté leur requête pour la création d’une Association nationale des acteurs de Cuba, dans ce pays où le droit d’association est très limité et les unions des diverses professions régies par l’État.

En principe, le ministère «n’a pas fermé la porte» à cette demande, a indiqué à l’AFP Reinier Diaz, un jeune acteur ayant participé à la rencontre, sans vouloir donner plus de détails avant que l’ensemble de ses collègues en soient informés.

Cette réunion survient deux mois après la mobilisation inédite de plus de 300 artistes, rassemblés une quinzaine d’heures le 27 novembre face au ministère de la Culture pour réclamer plus de liberté d’expression. Mais l’annonce ce soir-là par les autorités d’un dialogue avec les artistes a depuis laissé place aux tensions.

Les autorités, déjà hérissées par le renforcement de l’embargo américain sous l’administration de Donald Trump, ont dénoncé une tentative de coup d’État déguisé. C’est «l’ultime tentative que les +Trumpistes+ et la mafia anticubaine (de Miami) pouvaient mener», dans leur «stratégie de guerre non conventionnelle pour tenter de renverser la révolution», s’est emporté le président Miguel Diaz-Canel.

«Le chemin sera long»

Pour Maria Isabel Alfonso, experte en culture cubaine au St Joseph’s College de New York, la réaction du gouvernement n’est pas nouvelle. Et les mêmes instruments du passé sont utilisés, comme «l’acte de répudiation», qui consiste à rassembler une foule autour d’un contestataire pour l’insulter et lui crier dessus, ou «le fait d’appeler mercenaire toute personne qui pense différemment», explique-t-elle. «Les assignations à résidence, comme alternatives aux arrestations, deviennent aussi courantes» contre des artistes ou journalistes indépendants, note aussi l’universitaire.

Le rassemblement du 27 novembre «était une manifestation politique, mais exprimée de façon poétique, sans violence, avec des chansons, des poèmes», raconte à l’AFP Fernando Pérez, considéré comme le plus grand cinéaste cubain vivant et qui a joué ce jour-là les médiateurs entre les deux parties.

«Ces jeunes ont préfiguré le Cuba dont beaucoup de Cubains ont rêvé et rêvent encore», assure le réalisateur de 76 ans. Mais «je ne me fais pas d’illusions: les mentalités ne changent pas d’un jour à l’autre, le chemin sera long».

Derrière cet énième conflit, une longue histoire d’accrochages depuis que Fidel Castro a défini en 1961 la politique culturelle par cette formule: «Dans la révolution, tout; contre la révolution rien». C’est entre 1971 et 1976 – le fameux «quinquennat gris» – que les éclats ont été les plus forts. Sous l’influence soviétique, une vaste purge a alors été opérée dans l’art et la culture, excluant tous ceux ne remplissant pas les «paramètres» fixés par les autorités: être révolutionnaire et hétérosexuel.

«Paradoxe»

Les artistes punis pour «problèmes idéologiques» étaient généralement envoyés à travailler dans les champs ou la construction. Des auteurs emblématiques comme José Lezama Lima et Virgilio Piñera ont vu leurs œuvres retirées des librairies et déprogrammées des théâtres. Au moins 23 poètes n’ont pu publier lors de ce quinquennat, selon l’essayiste Arturo Arango.

Maria Isabel Alfonso souligne «un paradoxe»: «De la même manière qu’il y a eu un soutien (des autorités) à l’art et la culture, des groupes de pouvoir institutionnel, culturel et pas seulement politique les ont dynamités, en dictant ce que doit être l’art dans le cadre de la révolution».

La différence du conflit actuel? La mobilisation, spontanée et relayée via internet, a pris par surprise les autorités, forcées à s’asseoir le 27 novembre à la table du dialogue. «Les jeunes ont trouvé dans les réseaux sociaux un moyen de s’exprimer librement et face à cette dynamique fluide, vivace et dans l’air du temps, les médias de communication, statiques, sont, pour ne pas le dire de manière défaitiste, en clair désavantage», estime Fernando Pérez.

«Ce qui est aussi nouveau, c’est la demande forte» d’artistes et intellectuels pour «une légitimité de la création indépendante, la fin de la soumission policière et le respect de leurs droits», note Maria Isabel Alfonso: les autorités «doivent arrêter de pénaliser celui qui pense différemment et ouvrir un espace de dialogue».

AFP

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