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Switzerland

Budget: la grande méfiance des députés

«Peu de relations», «la confiance manque», «méfiance». À l’aube du débat sur le budget cantonal, les analyses des députés sur les relations entretenues avec le Conseil d’État sont peu encourageantes.

C’est un problème, parce qu’au moment du budget, idéalement avant, mais parfois sur le siège, les partis négocient entre eux des amendements que le Conseil d’État fait chiffrer par son administration. Dans ces marchandages, la capacité d’entraînement du collège est cruciale. Elle l’est également lorsque, individuellement, chaque magistrat tente de pousser son groupe en direction d’une solution majoritaire.

Deux critiques

Sur ces deux points, la situation est sombre: «Actuellement, il n’y a pas de discussions avec nos représentants et donc pas de possibilité de négocier», explique par exemple Bertrand Buchs (PDC). «Le président du Conseil d’État ne vient pratiquement pas au Grand Conseil. Pour avancer, il faut une locomotive, mais chacun est dans son coin.»

Le député PS Romain de Sainte-Marie partage cet avis. Lui aussi explique que les relations entre son parti et ses magistrats, sans être mauvaises, sont «peu nourries» et celles avec le reste du Conseil d’État sont difficiles. «C’est un problème qui dépasse largement le PS et concerne tout le Grand Conseil, dit-il. Le Conseil d’État s’assied sur nos décisions, comme la relance du vote électronique, l’affaire Adeline, une motion interpartis sur l’analyse du chômage. Quand il est dépassé en plénière, le gouvernement ne demande pas de 3e débat, comme on l’a vu lors du récent débat sur le 14e salaire des cadres ou l’interdiction de la publicité pour le petit crédit.» Le MCG ou les Verts voient les choses un peu autrement. François Bärtschi évoque la confrontation naturelle et inévitable de deux légitimités institutionnelles. Il ne fait pas un drame des tensions actuelles: «Nous défendons les mêmes valeurs, mais pas de la même façon.»

Je m’attache à travailler hors des dogmes. Mais il faut aussi accepter de ne pas être d’accord sans que cela n’entache le respect mutuel

Nathalie Fontanet, conseillère d’État responsable des Finances

Jean Rossiaud pointe aussi cet élément. Il se dit déçu par les récentes maladresses de communication du gouvernement, mais surtout par son manque de vision: «Ce budget, déplore-t-il, ne fait pas d’aggiornamento. Il ne marque aucune prise en compte de l’urgence climatique.»

«Mépris» du Conseil d’État

Quand on s’adresse aux partis qui ne sont pas représentés au Conseil d’État, l’analyse n’est évidemment pas plus favorable.

Jean Burgermeister (EàG) n’en revient pas qu’une résolution PLR sur l’arrêt des travaux au dépôt des TPG, déposée suite à la découverte du dumping salarial d’une entreprise, et qui avait été largement acceptée, ait été contestée «par les arguments légalistes» du gouvernement.

L’UDC Thomas Bläsi tire en rafale: «Pierre Maudet prévenu, Serge Dal Busco entendu par la justice, Antonio Hodgers qui n’assume pas la présidence, deux socialistes peu visibles, Mauro Poggia sanctionné par le Tribunal fédéral sur la planification hospitalière... ce gouvernement est complètement englué. Et en plus, il nous manifeste souvent du mépris en oubliant que nous sommes des miliciens et que nous n’avons pas une administration à nos ordres.»

Le gouvernement va mal? C’est l’avis général. «On sent les divergences en son sein, explique ainsi Cyril Aellen (PLR), et elles s’expriment aussi publiquement, comme l’a démontré la rupture de collégialité de Pierre Maudet sur le budget. Le gouvernement fonctionne plus que jamais en silo, et désuni, il est faible.»

Ces éléments n’empêcheront peut-être pas une majorité de se dégager la semaine prochaine autour du budget 2020, mais l’ambiance actuelle ne facilite pas la tâche.

«Restaurer la confiance»

Qu’en dit le Conseil d’État? «On sent bien, globalement, qu’il existe une méfiance entre le gouvernement et le Grand Conseil, constate la responsable des Finances, Nathalie Fontanet. Et cette image négative complique notre travail.»

Que faire, alors? «Tout ce qui est possible pour restaurer la confiance. Personnellement, sur le budget ou sur la réforme Score, je m’attache à travailler hors des dogmes et des propositions frontales, en consultant avant de déposer mes projets, en transmettant les informations nécessaires pour que les députés, qui sont des miliciens, puissent se faire une opinion fondée. Mais il faut accepter aussi de ne pas être d’accord sans que cela n’entache le respect mutuel.»

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