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Bernie Sanders visé par par ses rivaux

Le grand favori des primaires démocrates Bernie Sanders est tombé mardi sous le feu de ses rivaux démocrates, qui l'ont assailli sur plusieurs fronts en ouverture d'un débat crucial dans la course pour décrocher l'investiture du parti et défier Donald Trump en novembre.

Le milliardaire Michael Bloomberg a ouvert le bal en affirmant que le président russe Vladimir Poutine aidait Bernie Sanders. «Vladimir Poutine pense que Donald Trump devrait être président des États-Unis et c'est pour cela que la Russie vous aide à être élu, pour que vous perdiez (ensuite, ndlr) contre lui», a lancé l'ancien maire de New York à Bernie Sanders.

Il faisait référence à une information du «Washington Post» qui avait assuré, la semaine dernière, que le sénateur indépendant était la cible d'interférences de Moscou en sa faveur. À l'époque comme mardi soir, Bernie Sanders a réagi en mettant en garde Vladimir Poutine contre une nouvelle tentative d'influencer l'élection américaine.

L'ancien vice-président Joe Biden a pris le relais en critiquant Bernie Sanders pour ses positions passées sur les armes à feu, lors de votes controversés à la Chambre des représentants puis au Sénat. Comme lui, plusieurs candidats modérés ont également attaqué le «socialiste» autoproclamé sur le financement jugé trop flou de son programme, notamment sa proposition d'une profonde réforme d'une assurance santé universelle.

Jouant sa survie dans la course après trois mauvais résultats, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, 70 ans, s'est jetée dans la mêlée sur ce point. «Moi j'ai creusé, j'ai travaillé (pour expliquer comment financer son programme, ndlr). Et ensuite l'équipe de Bernie m'est rentrée dedans à cause de ça», a-t-elle accusé. «Les progressistes n'ont qu'une chance» de remporter cette élection «et nous devons la jouer sur un dirigeant qui saura comment accomplir des choses», a-t-elle lancé.

Bernie Sanders a martelé que des sondages le donnaient gagnant face au républicain Donald Trump. Le sénateur, qui ne compte que sur les financements de petits donateurs, a aussi épinglé directement Joe Biden et Pete Buttigieg. Les Américains «ne veulent pas que les candidats s'empressent d'aller voir des milliardaires pour trouver des financements énormes».

Bloomberg fait sa pub

A 78 ans, Bernie Sanders est jusqu'ici le grand vainqueur de ces primaires, après avoir remporté samedi le Nevada, très loin devant tous ses rivaux. Son avance a fait exploser au grand jour la fracture au sein du parti, entre les partisans du sénateur «socialiste» et les tenants d'un discours plus au centre, censé pouvoir rassembler plus d'électeurs pour battre Donald Trump le 3 novembre.

Quatre jours avant un vote crucial des primaires démocrates en Caroline du Sud, plusieurs candidats jouent dans ce débat leur dernière chance de rester en lice. Car le résultat en Caroline du Sud influencera de manière décisive l'élan des candidats juste avant le «Super Tuesday», lorsque 14 États voteront le 3 mars.

Après une première apparition très ratée la semaine dernière, le milliardaire Michael Bloomberg a démarré sur un pied plus ferme mardi. Il a fait face au feu nourri d'Elizabeth Warren, qui a rappelé des accusations de sexisme pesant sur lui et son immense entreprise, géante de l'information financière.

Troisième des sondages nationaux, l'ancien maire de New York, âgé de 78 ans, entrera dans la course lors du «Super Tuesday» après avoir puisé des sommes record dans sa fortune personnelle pour faire campagne. Ses publicités télévisées sont d'ailleurs passées juste avant et pendant la première pause du débat.

Biden joue gros

Joe Biden s'est montré combatif en ouverture du débat, lui qui joue très gros en Caroline du Sud. L'ex-bras droit de Barack Obama mise presque tout sur cet État, après deux piteux scores dans l'Iowa et le New Hampshire.

L'ancien vice-président âgé de 77 ans a relevé la tête dans le Nevada et espère désormais que sa popularité chez les Noirs le portera vers une victoire en Caroline du Sud, où ils représentent plus de la moitié de l'électorat démocrate. Mais son avance dans cet État s'est réduite en quelques semaines, Bernie Sanders remontant dans les sondages derrière lui.

Derrière, l'ancien maire de South Bend Pete Buttigieg ainsi que les sénatrices Elizabeth Warren et Amy Klobuchar sont à la traîne. Pete Buttigieg, 38 ans, est le premier homosexuel à avoir une chance de décrocher l'investiture après de bons scores aux deux premiers scrutins. Mais il manque de soutien au sein des minorités, qui lui reprochent son bilan en matière de discrimination raciale à la mairie et, pour certains électeurs religieux, son orientation sexuelle. (afp/nxp)