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A quoi faut-il s'attendre avec «La Reine des neiges 2»?

Depuis la sortie de «La Reine des neiges» en 2013, Disney ne nous a pas laissés oublier le film d’animation le plus rentable de tous les temps avec un assortiment de produits dérivés sans précédent, deux courts-métrages, des parcs d’attraction ou encore une comédie musicale. Impossible aussi d’effacer de nos mémoires l’hymne oscarisé «Libérée, délivrée».

En salle dès mercredi, la suite des aventures d’Elsa et d’Anna a donc tout d’un succès programmé. Les deux sœurs du royaume d’Arendelle y découvrent, au cours d’une expédition mystique dans une forêt enchantée, les origines des pouvoirs d’Elsa avec l’aide de Kristoff, du toujours hilarant Olaf et de Sven. L’intrigue est un chouïa alambiquée mais les images sont splendides et les nouvelles chansons mémorables. Les auteurs des deux films - la charismatique Jennifer Lee (scénariste, coréalisatrice et par ailleurs nouvelle directrice artistique des studios d’animation Disney) et le coréalisateur Chris Buck – ont reçu Lematin.ch à Londres.

Quand avez-vous réalisé que le premier film était devenu un phénomène?

Jennifer Lee: Je me suis rendue à une séance du film à New York à Noël. Un mois après sa sortie, la salle était toujours pleine. Et puis les spectateurs ne chantaient pas juste les chansons, ils récitaient les répliques ce qui m’a fait penser qu’il avaient vu le film plus qu’une fois. On parle de phénomène mais il faut rappeler que le film a bâti son succès lentement. Les gens ne savaient pas trop que penser de l’histoire de ces deux sœurs, de cette comédie musicale sincère.

Quand avez-vous songé à une suite?

Jennifer Lee: Lorsqu’on a réalisé le court-métrage «Une fête givrée», en 2015. Nous nous sommes rendu compte, avec beaucoup de naïveté et d’amour, que ces personnages nous avaient manqués. On nous posait aussi mille questions sur les pouvoirs d’Elsa. Nous nous posions aussi ces questions: «D’où Elsa tient-elle ses pouvoirs? Qu’étaient censés faire ces personnages de leurs vies? Peut-on réellement croire à la phrase «et ils vécurent heureux pour toujours»?» Nous nous sommes donc réunis et dit qu’on avait une autre histoire à raconter. Nous n’étions pas prêts à tourner la page de «La Reine des neiges.»

Vous n’avez pas senti la pression?

Jennifer Lee: On n’arrête pas de nous demander ça ces derniers jours mais la vérité, c’est qu’on n’y pensait pas. Comment aurions-nous pu? On savait qu’on ne pouvait pas reproduire le succès du premier film. Ce n’est pas notre job. Notre job est de raconter une super histoire, de raconter la bonne histoire pour ces personnages, pas l’histoire que d’autres gens aimeraient entendre. Sinon on ne rend pas justice aux personnages. J’ai écrit un journal intime dans la peau d’Elsa pour la comprendre. Chris dessinait dans la peau des personnages. Et on se demandait quelle était la bonne odyssée pour eux. Robert Lopez et Kristen Anderson-Lopez ont aussi écrit les chansons dans cet état d’esprit. Nous avons tous fait le pacte de rester fidèles à l’esprit des personnages en toutes circonstances.

Que représente la forêt enchantée?

Chris Buck: Nous sommes partis faire des recherches en Norvège, Finlande et Islande. En marchant dans les forêts norvégiennes et finlandaises on a vraiment eu l’impression qu’elles étaient enchantées. On nous a raconté quelques légendes, comme le fait que les gros rochers qui s’y trouvent avaient été jetés là par des géants. Et puis qu’il existait des gens vivant sous terre. C’est de là qu’est venue notre inspiration.

Jennifer Lee: Dans la littérature, une forêt enchantée est une métaphore d’un lieu où l’on se transforme, ce qu’Olaf nous rappelle dans le film. Nous avons exploité ce concept et l’idée de grandir et de changer. «La reine des neiges II» examine l’opposition de la peur et de l’amour à travers le prisme du changement.

Comment vous êtes-vous préparés pour éviter d’être accusés d’appropriation culturelle en racontant une histoire qui rappelle autant les Samis?

Chris Buck: Pendant notre voyage de recherches, nous avons rencontré beaucoup de gens de Norvège et de Finlande, y compris des Samis. Ils ont été très francs avec nous et nous avons formé un groupe qui représentait les Samis. Ils ont collaboré avec nous pour s’assurer qu’on ne faisait rien de déplacé ou de blessant accidentellement.

Jennifer Lee: Nous voulions être sûrs de rester en dehors de certains systèmes de croyance qui leur appartient et de ne pas essayer de dire que les personnages sont des Samis. Ils représentent des êtres de la nature appartenant à un groupe d’indigènes qui pourrait vivre n’importe où dans le monde. Nous sommes restés beaucoup plus spécifiques par rapport à la magie et au folklore scandinave que par rapport aux Samis par respect pour eux.

On a beaucoup parlé des accents féministes de «La Reine des neiges». Que dites-vous à ceux qui critiquent cet aspect du film, comme le professeur Jordan Peterson qui dans son dernier best-seller le qualifie de propagandiste?

Jennifer Lee: Je trouve vraiment bizarre que lorsque deux femmes sont les héroïnes d’une histoire, on appelle ça de la propagande. Ce simple fait démontre qu’il existe un problème. Nous avons juste créé des personnages authentiques. Ces femmes ont du relief. Elles ne sont pas parfaites, elles ont des défauts. Elles sont héroïques par moments, vulnérables à d’autres. Ce sont de vraies femmes et celles-ci ont beaucoup de responsabilités et agissent de cette façon. Je trouve intéressant que les personnages féminins soient analysés et jugés à outrance, comme s’ils devaient être parfaits pour tout le monde. Mais les personnages parfaits sont ennuyeux donc ce n’est pas notre truc.

«Libérée, délivrée» a beaucoup contribué au succès du premier film. Difficile de trouver un digne successeur à cette chanson ?

Chris Buck: Nous n’avons même pas essayé de lui trouver un successeur. Nous avons laissé l’histoire nous dicter les chansons dont on avait besoin. Nous considérons cette suite comme le deuxième acte d’une comédie musicale de Broadway. «La Reine des neiges» était le premier acte, où l’on plante le décor et l’intrigue. Dans ce deuxième volet, on peut approfondir les choses et l’aspect émotionnel dans de nombreuses chansons. «Libérée, délivrée» marquait le début de l’odyssée d’Elsa. C’est une chanson rebelle qu’elle interprétait seule dans son palais de glace. Elle nous amène au nouveau titre «Dans un autre monde». Désormais, Elsa est acceptée avec ses pouvoirs. Elle entend cette mystérieuse voix qui l’appelle et sent qu’elle doit agir. Et cela débouche sur «Je te cherche».

Avez-vous testé ces nouvelles chansons sur des enfants?

Jennifer Lee: Non, on ne l’avait pas non plus fait pour le premier film. Bon, on a montré des extraits du film au public et on a fait écouter la musique à nos propres enfants. Si «Libérée, délivrée» reste la chanson la plus populaire, c’est flatteur mais je suis persuadée que ces nouveaux titres ont une résonance beaucoup plus profonde et nous parlent dans différentes circonstances de nos vies. Et je trouve ça beau. «Tout Réparer» évoque ces moments où l’on ne voit plus d’espoir, où l’on se demande comment s’en sortir. Je suis tellement fière de cette chanson parce que si elle aide ne serait-ce que cinq gamins à faire le bon choix dans ces moment-là, cela en valait la peine. Et il aura fallu une ballade eighties, «J’ai perdu le nord», pour que Kristoff exprime enfin ce qu’il a dans la tête et comprenne ce qu’est l’amour véritable! Il ne pouvait pas le dire en parlant. On ne peut exprimer ces sentiments que dans une comédie musicale.

Miguel Cid, Londres

La bande-annonce de «La reine des neiges 2»

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